Karin Keller-Sutter (présidente de la Confédération), Ignazio Cassis (conseiller fédéral), Guy Parmelin (conseiller fédéral), Helene Budliger (secrétaire d'État). Ce ne sont là que quelques-unes des personnes qui sont actuellement trainées dans la boue et critiquées par des détracteurs anonymes. Ce n’est évidemment pas de leur faute si le président Trump punit notre pays avec des droits de douane arbitraires de 39%. Il est important de rappeler les trois principes suivants :
1. Nous agissons différemment que Trump
Personne en Suisse n'a le pouvoir de conclure un « accord » d'un trait de plume, d'une poignée de main ou d'un coup de téléphone d'une demi-heure. Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne dans notre pays. Nous prenons nos décisions dans des gymnases, pas sur des terrains de golf ou dans des complexes hôteliers de luxe. En Suisse, personne ne peut promettre spontanément plusieurs milliards ou museler nos entreprises pharmaceutiques. Ne nous leurrons pas : en comparaison à d'autres gouvernements, le Conseil fédéral est presque impuissant. Ce n'est pas un inconvénient, c'est voulu. Notre gouvernement est freiné et étroitement surveillé par le Parlement. Ce dernier est à son tour surveillé par le peuple qui peut saisir le référendum. Oui, ce système peut être lent. Mais il est stable et fiable. Ce ne sont pas les initiatives individuelles des négociateurs, mais les limites institutionnelles du pouvoir individuel qui font la force de la Suisse.
2. Nous débattons passionnément entre nous
Comment la Suisse doit-elle réagir face à Donald Trump ? Ce sujet doit évidemment faire l'objet d'un débat dans notre pays. Le PS estime qu'un « Fuck Trump ! » grossier sert au mieux les intérêts des travailleuses et des travailleurs. L'UDC poursuit son rêve isolationniste. A l’image de Trump, pour qui l’UDC a beaucoup de sympathie, les démocrates du centre veulent rompre nos relations commerciales les plus importantes. Le Centre se distingue en « voulant examiner » toutes les positions, comme le répète à chaque apparition médiatique son nouveau président, Philipp Bregy. Le PLR, quant à lui, défend sans relâche les valeurs libérales-radicales depuis 1848 afin de préserver la prospérité suisse. Nous nous engageons en faveur des emplois, du porte-monnaie de la classe moyenne ainsi que pour la liberté des citoyennes et des citoyens.
3. Nous sommes unis face aux attaques extérieures
C'est une chose de débattre de la bonne politique à mener au niveau national. C'en est une autre de singer le populisme destructeur de Trump, de reprendre sans esprit critique des sources américaines douteuses et de dénigrer son propre gouvernement dans les médias. Celles et ceux qui tirent à boulets rouges dans le dos des négociateurs suisses, leur propre Conseil fédéral et la présidente de la Confédération agissent de manière antipatriotique. Ils affaiblissent la Suisse. Soyons clairs : le problème ne se situe pas à Berne, Genève ou Bâle. Il se situe à Washington, D.C., où des droits de douane sont infligés de manière arbitraire et sans égard pour les partenaires économiques les plus proches.
Que ce soit Martin Pfister (F-35), Guy Parmelin (politique commerciale), Karin Keller-Sutter (présidence de la Confédération), Ignazio Cassis (politique étrangère) ou le corps diplomatique : toutes celles et ceux qui négocient avec le président Trump méritent désormais notre soutien et notre loyauté. Peu importe leur appartenance politique ou leur degré d’affinité.
La Suisse a survécu à de nombreuses crises parce que nous ne nous sommes pas laissé diviser sous la pression extérieure. Nous vivons dans le plus beau pays du monde parce que nous discutons de tout entre nous et que nous sommes unis face aux attaques venant de l’étranger. Faisons-le également avec Donald Trump.