Mission d’information de la CPE-E en Côte d’Ivoire

Lever les oppositions et assumer sa responsabilité

Nous ne devons pas exporter l’Europe en Afrique, mais il est de notre devoir de soutenir le continent dans son développement en matière d’éducation ainsi que sur le plan économique. Telle est la conclusion centrale qui est ressortie de la mission d’information qui, du 30 octobre au 4 novembre 2017, m’a conduit à la Côte d’Ivoire, au sein d’une délégation composée de 6 membres de la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats. Cinq jours durant, nous avons eu l’occasion de rencontrer de nombreux représentants de la politique et de l’économie, qui nous ont offert un excellent aperçu des oppositions présentes dans un pays en voie de développement. 

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Au cours de nos cinq jours de voyage, nous avons rencontré plus de 30 entrepreneurs suisses, qui ont pris pied avec succès sur la Côte d’Ivoire. Parmi eux se trouvaient les représentants de Nestlé et de Barry Callebaut, le plus grand producteur de cacao. Une autre visite nous a mené à l’entreprise « Swiss Tropical Fruit » de Johann Dähler. Ce dernier nous a raconté comment, parti de rien, il est véritablement devenu le « roi de l’ananas », et comment, après avoir tout perdu suite à des troubles politiques, il est parvenu à reconstruire son entreprise à l’aide d’investisseurs suisses. Les discussions que nous avons eues avec les parlementaires ivoiriens et les diplomates d’autres pays furent particulièrement édifiantes, mais c’est surtout la discussion avec l’ambassadeur Sud-Africain qui me reste en mémoire. De manière très terre-à-terre, il estime que « les européens doivent apprendre qu’exporter leur mode de vie en Afrique n’est pas possible. » Il voulait ainsi dire que les Africains veulent d’autres infrastructures et prestations ainsi qu’une autre qualité. Je partage sa vision des choses, mais je reste convaincu que nous devons avant tout investir dans l’éducation, afin que les pays africains puissent offrir une perspective à leur jeune génération. 

Une gestion politique sous pression
Au cours de nos conversations avec les membres du parlement ivoirien, nous nous sommes heurtés au constat que leurs connaissances de notre pays étaient limitées. Plusieurs confrères n’étaient par exemple pas au courant que la Suisse n’est pas membre de l’Union Européenne. Ceci a toute son importance, puisque les 15 Etats constituant la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest négocient actuellement divers accords avec l’UE. Ensemble, ces pays veulent contribuer à ce que la collaboration économique amène de la stabilité en Afrique occidentale. Les mêmes droits pour tous et une fiabilité juridique doivent en constituer la pierre angulaire. 

Un énorme potentiel
Les nombreuses discussions m’ont démontré qu’un fort potentiel demeure inexploité en Afrique en général, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire. Je suis ainsi convaincu que la Suisse pourrait, grâce à son savoir-faire et ses expériences, contribuer à un avenir meilleur pour la Côte d’Ivoire, particulièrement si nous soutenons des projets éducatifs. L’homme ne peut s’épanouir, que si, dans son pays, des perspectives sont créées. Dans le cas contraire, cela le pousse à quitter par endroit son pays, et à trouver son bonheur ailleurs. 

Retrouvez le rapport complet sur : http://www.damian-mueller.ch/news/widersprueche-aufnehmen-und-verantwortung-uebernehmen/